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Retour aux sources, retour aux sens; d'abord cet envoûtement olfactif, magie des arômes, qui vous chavire, le seuil du chocolatier à peine franchi. Puis caresse des yeux, vagabondage du regard attendri qui s'attarde sur le velours d'une couverture, le moelleux scintillant d'une ganache. Jaillissent alors du passé les bruits défendus, froissement-trahison du papier d'argent ou de la papillote qui délivre le chocolat convoité, instants volés, instants péchés... Voilà que les doigts frémissent, o délice des truffes saisies délicatement et dont les empreintes poudrées vous font succomber de nouveau... Que la joie vienne enfin: papilles en folie, papilles en délire, papilles en extase, feux d'artifices de douceurs, de saveurs, de ferveur!
Et pourtant, depuis la cabosse brutale, fruit du cacaoyer, jusqu'au délicieux bonbon de chocolat, quelle aventure, quels chemins semés d'embûches et de drames, quelles passions, quels secrets!
Extrême jouissance révélatrice de la main de l'homme, du génie de l'homme, ardeur laborieuse du chocolatier, qui dompte la nature violente en délicatesse exquise, comme le joaillier transmute un vulgaire caillou en diamant étincelant... |